vendredi 21 juillet 2017

L'art brut est-il le refoulé de l'art contemporain ?

La Maison rouge, à Paris, expose depuis le 23 juin dernier "Inextricabilia", une collection mêlant Art Brut, objets rituels africains, œuvres d’art sacré, populaire, moderne et contemporain. A cette occasion nous recevons Lucienne Peiry, commissaire de l'exposition.

Exposition "Inextricabilia" à la Maison rouge, à Paris • Crédits : © Marc Domage

Considéré au XIXe siècle comme « l’art des fous », l’art brut est un concept inventé par Jean Dubuffet en 1945 pour qualifier les œuvres réalisées par des malades mentaux ou des personnes marginales. Des œuvres qui répondent de la spontanéité et de l’expression d’émotions.

"J’ai préféré « l’Art Brut » que « l’Art obscur » à cause que l’art des professionnels ne m’apparaît pas plus clairvoyant et plus lucide, c’est plutôt le contraire."
Jean Dubuffet dans une lettre à René Auberjonois en 1945

Dubuffet défendait l’art brut comme une « alternative supérieure » à l'art culturel où « les auteurs tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, etc) de leur propre fonds ».

La collection exposée à la Maison rouge réunit le travail de plusieurs artistes, parmi lesquels Judith Scott, Arthur Bispo Do Rosário, Annette Messager, Louise Bourgeois ou encore Michel Nedjar.

Ce sera l'occasion de revenir plus précisément sur l'Art Brut de ses débuts à son statut actuel.

"Très vite l'art brut ne sera plus l'art des fous mais des gens brisés, qui ont vécu un tremblement de terre intérieur." Lucienne Peiry

"Ces personnes ne créent pas dans l'idée d'exposer leurs œuvres, mais dans un huis clos, par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Lucienne Peiry


Lucienne Peiry

Commissaire de l'exposition "Inextricabilia"
https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-culture/lart-brut-est-il-le-refoule-de-lart-contemporain

Remarques :

"Une fois de plus, je constate une confusion maintenue sciemment par les intellectuels entre Art Brut et Art Contemporain, avec une méconnaissance totale de l'art psychopathologique et les recherches du Dr Volmat  à Saint-Anne !"
Jean-Louis Aguilar


Cette exposition se présente comme la «Reconstitution de l’Exposition internationale d’art psychopathologique de 1950». Concernant l’exposition de 1950, on peut lire l’ouvrage de Robert Volmat paru en 1955 : L’Art psychopathologique.


André Breton avait conservé un exemplaire de ce livre dans sa bibliothèque.

C’est tout dire...

mercredi 19 juillet 2017

Errance catalane ҉ Ou un certain regard sur Barcelone ҉

Ce matin je suis libre comme le vent. J’entame ma balade la tête dans les nuages, décidée de suivre mes pieds, presque curieuse de découvrir où mes pas me mèneront !
Tandis que JL assiste à la table ronde des « 8e Jornadas Artterapia en Educaio, Salut y Comunitat » (organisées par Miguel Izuel Currià du Grefart), je me fonds dans les quartiers de Barceloneta – j’écoute, je sens et je regarde – et j’aime ça !

Evidemment je commence ma journée dans un café du Poble Sec. Cafe con leche por favor! C’est à peu près tout ce que je sais dire. Toutefois, je comprends l’espagnol, mieux encore le catalan si proche de l’occitan. Même leur histoire se ressemble, ficelée de luttes de pouvoir et de domination, où dominateur et dominé sont interchangeables… La répression jusqu’à la langue à certains moments de l’histoire, et je comprends un peu mieux pourquoi il y a tant de drapeaux catalans flottant aux balcons. Même si je n’approuve pas le régionalisme, ni ici ni ailleurs !


Mes jambes me poussent à travers un jardin vers la Carrer Carrera (étrange non ?). Les graffiti omniprésents m’enlacent, leurs couleurs éclatantes m’absorbent. Même les arbres, les bancs, les poteaux en sont couverts, aucun espace vierge n’est toléré. Un jardinier municipal essaye de balayer les restes d’une nuit chaotique, un homme dort encore sur un banc, un carton-abri vide me désole…






J’arrive enfin au jardin des kapokiers (originaires d’Amérique du Sud où ils sont connus sous le nom de palo borracho ou árbol botella). Quelle étrangéité que ces arbres à l’écorce écailleuse, avec ses boules d’ouate (on dirait du coton...) ! 


Je prends à droite l’Avinguda del Paral-lel et j’avance vers le port. Le ciel est bas, la pluie commence à tomber, l’humidité est chaude. D’ici les ferries embarquent pour les îles Baléares ou plus loin. Sur la Plaça d’Antoni Lopez, Colom montre de son bras tendu la direction du Nouveau Monde, là où sont partis siècle après siècle les gens fuyant terreur et famine, espérant trouver le paradis promis.

Je laisse de côté les célèbres Ramblas qui ne m’intéressent pas aujourd’hui. Je veux goûter à la Barcelone cosmopolite sans me lancer toutefois dans le malstrom des visiteurs étrangers. Ici on entend parler toutes les langues, on doit veiller à ne pas se faire écraser par ces étranges engins électriques où le touriste navigue debout à travers la ville, comme un automate téléguidé... Sans oublier les riksjas humains, les vélos, les sightseeing bus, les vespas autochtones. Je suis bien à pied, mon sac à dos à l’épaule, suivant mon propre rythme. 


La pluie insiste, je me réfugie sous les bâches des brocanteurs de bijoux anciens, me laisse séduire par des boucles d’oreilles magnifiques, mais non, je résiste ! 


Retour vers l’Avinguda Paral-lel car je veux retrouver “Los jardines de las Tres Chimeneas” avec ses 3 cheminées en brique, vestiges de l’ancienne usine d’électricité qui a alimenté Barcelone et ses environs et est aujourd’hui destinée à s’arrêter. C’est un espace ou les fresques du Street Art foisonnent, avec un taux de turnover très important, si bien que l’on ne sait jamais sur quoi on va tomber ! Hier soir un jeune, haut perché sur son escabot, couvre de noir une fresque colorée. Qu’a-t-il en tête ? Je veux le découvrir ce matin ! Il a laissé quelques espaces de couleur, je ne comprends pas ce qu’il recherche ; je le découvrirai le soir-même pourtant – la magie de la création ?! 


En bas d’une cheminée traîne une vieille chaussure noire. Une bouteille de gin vide est posée sur le bord d’un bassin. Quelques gens sont assis par terre entourés de leur misère humaine, ils discutent au cri rauque d’ivrogne…

Sur ma gauche j’aperçois la colline de Montjuïc dominant l’ancienne  ville et le vieux port, l’eau dévalant un escalier en cascade m’attire. Je monte dans le parc, m’assieds sur un banc. Devant moi un bassin d’eau émeraude opaque ; une colonie de tourterelles virevolte entre leur « pin-nid » et un rocher dans l’eau. Un peu plus loin un groupe de gens a élu domicile sous une pergola, mêmes rires rocailleux de gin ou autre alcool bon marché qui fait oublier la misère.


Je ferme mes yeux un instant, je respire doucement et je saisis ce moment magique mais fugace d’une certaine paix intérieure – en accord avec le monde qui m’entoure. 


Texte et photographies par Beatrijs L W – Juillet 2017

Mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'auteure.

jeudi 13 juillet 2017

Rencontre avec Claire Gousset-Himmelfarb

HRKT* Saison 2 : c'est parti !

de gauche à droite : Claire, JLAA, Béa, Véronique, Martine

Départ de la Saison 2 de *Human Road Kangoo Tour chez Claire à Cailho (Hérault) France.
Claire est musicienne, IDE (accessoirement) et art-thérapeute, ça crée des liens, non !
Retrouvailles et discussions sur la fonction de l'art !

Cailho

Claire et Martine sont des amies de longue date puisque nous avons fait l'IFSI ensemble promo 83-86.
Eh bé ça nous rajeuni pas tout ça !

Véronique Born est peintre, je vous en avez parlé dans un article intitulé Véronique BORN, artiste peintre http://blogarat.blogspot.fr/2013/09/veronique-born-artiste-peintre.html

Béatrice, vous la connaissez aussi maintenant depuis l'article Rencontre avec Beatrijs PEETERS 
http://blogartblogueur.blogspot.fr/2016/08/rencontre-avec-beatrijs-peeters.html

La nature à Cailho nichée dans les contreforts du Massif Central

Jean-Louis AGUILAR-ANTON / Art'blogueur

samedi 24 juin 2017

Rencontre avec Bénédicte Carrière (2)

Deuxième journée


Bénédicte avec une copine

Samedi soir, nous étions invités à fêter la réussite du Diplôme d'Etat Infirmier d'une amie de Bénédicte. Elle a fait les chose en grand, et la fête avait lieu sur le terrain d'un manadier.



A droite, la copine nouvellement infirmière, 
ça doit -être une belle personne puisqu'elle est infirmière, non !


Méga-teuf à la manade Lopez


Comme un petit air de Camargue !


L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux 


Jean-No bien entouré !

Rires et chansons, forces libations, de la joie et de la bonne humeur et nous avons tous terminé en dansant jusqu'au bout de la nuit...


Volcan effondré près de Garrigues

Merci les amis, Diego, Jean-Noël et Bénédicte, je reprend la route pour de nouvelles rencontres...

Jean-louis Aguilar-Anton / Art' Blogueur

jeudi 22 juin 2017

Rencontre avec Bénédicte Carrière (1)

Première journée


Bénédicte au matin

Avec Bénédicte, c'est déjà une longue histoire.
[J'adore raconter des histoires, déjà tout petit je surfais sur la vague de mon monde imaginaire...]
Bénédicte habite avec sa famille dans un charmant petit village situé dans la garrigue héraultaise.


Fontaine du village de Garrigues


Repas de famille avec Diego, Bénédicte et Jean-Noël

Bénédicte à jouer le jeu, puisque la règle du Jeu qui s'appelle maintenant HRKT, c'est un repas et une nuit. Elle a été généreuse et ils m'ont invité pour 3 jours et 2 nuits.

Quand deux art-thérapeutes se rencontrent qu'est-ce qu'ils se racontent ?
Et oui, Bénédicte est art-thérapeute, clown-thérapeute, formatrice, artiste et aussi agent d'artiste.
Elle mène bien sa barque, entre vie familiale et vie professionnelle. Son cabinet est installé à Sommières...
Ah, j'allais oublier, elle est aussi la Secrétaire de l'ARAT, ça crée des liens...



Jean-Noël et ses motos

Jean-Louis Aguilar-Anton / Art'blogueur

mardi 6 juin 2017

Ni Dieu ni Maître - Une histoire de l'anarchisme (2/2)

Du manifeste fondateur de Proudhon (1840) à la chute de Barcelone (1939), cette fresque documentaire fait revivre la richesse foisonnante d'un mouvement multiforme, montrant combien l'anarchisme continue d'irriguer tout le champ des luttes sociales et politiques.


Second volet : La mémoire des vaincus (1911-1945).

Début du XXe siècle : Mexique, Russie, Etats-Unis, Espagne, partout les anarchistes se battent... et perdent.

Insurrectionnaliste, individualiste, illégaliste, végétariens, anarcha-féministe, anarchiste chrétien ou encore anarcho-primitiviste, l'anarchisme a presque autant de sensibilités qu'il n'a de figure et s'il semble aujourd'hui minoritaire, on oublie trop souvent qu'il fut un temps où il domina le monde.

Et pourtant au sortir de la première guerre mondiale, en Europe, l'anarchisme semblait avoir perdu presque toute son influence.

Ce n'étaient pas seulement les attentats des propagandistes par le fait, ni même la proclamation à cors et à cris des lois scélérates, qui l'avaient rendu inaudible, mais bien plutôt les bombes qui, de Verdun à la Somme, en passant par le Chemin des dames, en assassinant dans certains pays près du tiers des travailleurs, avaient réduit au silence la masse des militants. Sans parler de ces millions d'amputés, de traumatisés et de gueules cassées pour lesquels la révolution n'étaient plus une priorité.

Mais à la périphérie des grands pays industrialisés, au pourtour du monde occidental, les anarchistes ont survécu. Ils s'organisent, se rassemblent aux marges des empires, reprennent les armes et essaient partout de faire triompher leur idéal.

Or pour l'emporter, face à une Réaction, qui elle aussi a de nombreux visages, les libertaires ne peuvent plus seulement imaginer de douces utopies et inventer de généreuses pratiques.  Dans cet entre-deux guerres fécond, où le capitalisme enfante ses deux bêtes immondes, stalinisme et fascisme, face à l'hydre totalitaire qui, généralise un peu plus le vol et industrialise la mort, ils doivent mener une guerre sur tous les fronts et plus que jamais prouver dans les faits l'efficacité de leur pensée.

C'est ainsi, qu'au Mexique, en Russie ou en Espagne notamment, que les anarchistes vont conduire, au nom de la justice et de la liberté, certaines des plus grandes révolutions du 20ème siècle et écrire en lettre rouges et noires une nouvelle page de notre histoire.

Ni Dieu ni Maitre Une histoire de l'anarchisme 2/2 Arte
https://www.youtube.com/watch?v=xjcSbbuyMZ8

Anarchisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme
Pierre joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-...
Mikhaïl_Bakounine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C...
Pierre_Kropotkine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_...


Ni Dieu ni Maître. Une histoire de l'anarchisme (1/2)

Ni Dieu ni maître - Une histoire de l'anarchisme (1/2)
Opposés à la propriété privée, les anarchistes ont aussi inauguré un terrorisme international bombe à la main.

1. La volupté de la destruction (1840-1914)


Du manifeste fondateur de Proudhon (1840) à la chute de Barcelone (1939), cette fresque documentaire fait revivre la richesse foisonnante d'un mouvement multiforme, montrant combien l'anarchisme continue d'irriguer tout le champ des luttes sociales et politiques.

Né du capitalisme, frère ennemi du communisme d'État, l'anarchisme n'a eu pourtant de cesse de souffler son vent de liberté et de révolte sur le monde.

Depuis la Commune de Paris jusqu'à l'émergence des premières grandes organisations syndicales, de l'apparition de milieux libres avec leurs pratiques de vie alternatives jusqu'à la mise en place d'écoles libertaires, le mouvement anarchiste a été à l'origine des premières révolutions et, sur les cinq continents, l'un des principaux promoteurs des grandes avancées sociales.

Mais d'où vient donc l'odeur de souffre qui précède chacun de ces sombres cortèges ? Est-ce parce que ces révolutionnaires ont justifié la violence insurrectionnelle et à l'occasion, à l'instar de Ravachol ou Bonnot, été parmi les premiers à jouer du couteau ou du révolver et à faire parler la poudre ? Ou ne s'agit-il là que d'un triste malentendu, une noire légende, voire un simple fantasme médiatique et policier, qui aurait dessiné le portrait de ces utopistes savants en apôtre de la destruction ?

De France au Japon et de Chicago à Buenos Aires, la Volupté de la destruction révèle les origines de cette pensée et dresse le portrait de ceux qui furent les pères fondateurs du mouvement libertaire. Mais, en revenant aussi sur les principaux évènements de l'histoire ouvrière de la fin du 19ème et du début du 20ème (la création de l'internationale, fête du premier mai, attentats à la Belle époque, bataille pour la journée de huit heures), il dévoile surtout le rôle fondamental joué par les anarchistes dans le mouvement social au 19ème siècle et au début du 20ème.

Premier volet : la volupté de la destruction (1840-1914).
https://www.youtube.com/watch?v=YyleVzZpIGU

Anarchisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme
Pierre joseph Proudhon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-...
Mikhaïl_Bakounine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C...
Pierre_Kropotkine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie