lundi 20 avril 2020

Santa Madonna !


Tu, Santa Madonna me vistes nacer
Lagrima de cristal
Lagrima de vida

 Me distes la fuerza 
de atraversar el mediteraneo
mi camino no tiene fin
navegante de las tierras
le doy marcha al cuerpo
con alegria hasta Almeria !

Lagrima de cristal
Lagrima de vida
Santa Madonna, hojala !

Juan-Luis Aguilar-Anton

lundi 13 avril 2020

Santa Corona de Espinas !


Me tienes clavado en mi casa
como un gusano
encogido en el barro
preso de si mismo
aislado de todas partes
por nuestra propia culpa
quiero salir de tu locura
que has echo de nuestra vida

Corona de Espinas
me tienes clavado en casa
y par postres, estamos en pascuas
Aleluya !



Juan-Luis Aguilar-Anton  / Art'blogueur

mercredi 8 avril 2020

Jean-François Gauldrée, poète de la transhumance !

ALBAS TOUT EN COULEURS

Albas, village du Languedoc

  Je loue une petite maison au cœur des Corbières à une jolie bergère qui cherche une mine d'or.
Il y fait bon dès l'aurore à regarder le ciel, le soleil se lever et s'enivrer des fragrances nocturnes de la garrigue.
Le café est prêt, une visite s'annonce. Mon amie Nicole tout sourires vient me raconter l'un de ses rêves.
- Ici nous sommes aux portes de l'Eldorado, me dit elle.
Je prends deux tasses et l'invite à s’asseoir.
- Raconte, lui dis-je empressé.
- Alors suis-moi !
Je lui emboîte le pas, la suis dans son imaginaire et découvre que nous sommes ici et ailleurs.
Sur notre parcours, les Corbières s'offrent à moi. Nous suivons un mince filet d'eau qui s'écoule
timidement et emplit des bassins naturels creusés au fil des millénaires.
Nous faisons une halte auprès de l'un d'eux.
Comme il fait bon se poser là !
Sentir le soleil de cette douce journée printanière nous met du baume au cœur. Depuis cet endroit bucolique nous observons avec émerveillement une barre rocheuse.
Notre artiste en profite pour cadrer le lieu afin de mettre en couleurs son Eldorado.
Je rentre dans le tableau, des couleurs d'un rouge pourpre, des nuances diverses tirées d'une palette digne de Cézanne me sautent au visage.
Je suis en plein rêve, elle a raison ! nous sommes dans un pays imaginaire où tout est possible.

  Le Cers se lève. Nous reprenons notre expédition, le pas léger sur un chemin caillouteux
encerclé par les vignes et bordé de genêts et, tels les pénitents, nous arrivons à la croix de fer.
Cet endroit mystique blotti dans une petite vallée est encore imprégné de dévotion et il paraît que
les soirs de pleine lune, on peut observer comme jadis, dans le silence et le recueillement, de lentes et muettes processions.
Tant de cantiques ici se sont élevés, tant de mains jointes ont prié afin d'épargner le village de la
sécheresse et autres malédictions.
Après cette courte pause, respectueusement nous quittons cet endroit et reprenons notre exploration fantasmagorique.
Lentement nous avançons en direction du chemin de crête. Le Cers redouble d'effort et d'effet, ce
chemin pentu et tortueux nous mène aux ruines du vieux moulin à vent. Dans le cours de notre
ascension nous faisons quelques haltes régulières pour admirer le village en contrebas.
A nos pieds, sur cet océan de paysage vierge et sous un ciel bleu azur, un grand duc taillé dans la pierre posé sur son socle, telle une divinité, veille sur le vaisseau amiral Albas.
Enfin nos efforts sont récompensés, nous arrivons au moulin.
Nous décidons de nous installer à l’intérieur pour nous mettre à l’abri du vent. Une petite collation
amenée par les bons soins de mon amie va nous permettre de reprendre des forces.

  Assis sur la meule de pierre grise, grignotant quelques substances, une étrange sensation
m’envahit.
Mon regard fixé sur l'horizon à travers le cadre de la porte, j'ai l'impression d'être une chrysalide
prête à quitter son cocon.
Je prends mon envol, sans drogue, sans alcool. Loin, loin l'esprit du vent me porte loin.

  Des tintements de cloches me ramènent à la « réalité ». Je sors, Nicole me suit et nous
apercevons un berger accompagné de ses chiens avec un troupeau de brebis en marche.
Nous ne l'avions pas entendu arriver !
Je lève la main pour le saluer, il se dirige vers nous tranquillement et nous tend une main franche et amicale. Il émane de ce berger une telle quiétude, une telle sérénité qu'on le croirait sorti d'une
image biblique.
- Bonjour, nous nous croyons seuls, lui dis je.
- Mais nous ne sommes jamais seuls, me répond t-il.
Cette rencontre est inespérée. Combien de berger, combien de brebis ont foulé ce sol depuis la
genèse ?

  Nous avons l'impression de faire un impossible voyage dans le temps. D'ailleurs le temps
n'existe pas puisque nous sommes en plein rêve.
Après avoir échangé quelques mots nous prenons congé de notre berger. En nous éloignant sur le chemin, il se dissipe dans la nature peu à peu le tintement des cloches pastorales.

  - « Nous ne sommes jamais seuls ».
Depuis la crête, devant ce paysage grandiose qui s'étend à perte de vue sous tous les angles et pour celui qui veut bien le voir, le moindre souffle de vie est partout.
  Voir le vent faire danser les genêts, emplir nos poumons de l'odeur puissante du thym et du
romarin, surprendre un couple de perdrix au détour du chemin, observer des traces de gibier, avoir le bonheur de regarder évoluer deux aigles tournoyer à la recherche de leurs proie...

  - « Nous ne sommes jamais seuls ».
Se délecter de voir pousser les iris, jonquilles, orchidées sauvages est un bonheur de tout instant
pour mon amie qui en profite pour sortir sa palette de couleurs.
Nous profitons pleinement de ce moment d’existence, et plus on avance, plus le cœur des Corbières s'offre à nous.

  - « Nous ne sommes jamais seuls ».
Ici peut importe les croyances, la vie a un sens. La ligne d'horizon est pour tous la même si tu as la pureté du regard de l'enfance, le regard bleu de l’insouciance.

  - Allons Jean- François, je suis prête.
 Nicole range ses pinceaux et me sors de mes songes.
  - Suis- moi, en route pour l’Éden.
Nous revenons vers le village par un ancien chemin à flanc de colline qui nous amène directement aux jardins du village.
Je suis émerveillé, ici pas de serpent. Ces jardins ancestraux où coule une eau abondante tirée des puits ont une terre fertile, une terre nourricière encore empreinte du souvenir de nos aïeux qui l'ont travaillée, anoblie.
Nous nous promenons dans ce dédale de murets protecteurs de parcelles où les jardiniers, la main experte, façonnent la corne d'abondance.

  La journée est bien avancée et toujours armés de nos bâtons de pèlerin, nous continuons
notre chemin dans le soleil couchant.
Nous voici au pied d'un mouvement géologique exceptionnel qui nous laisse penser à un dinosaure endormi. Ici s'entrechoquent des strates de rochers et d'argiles qui sous l’effet du soleil fait revêtir à cette dignité impériale sa robe pourpre et ocre.
Aux pieds de ce géant de rocs et de couleurs, coule paisiblement un ruisseau qui autrefois faisait
chanter la pierre d'un vieux moulin à eau.
  Il se fait tard, le crépuscule nous invite à quitter les lieux et nous rejoignons le village.
Je raccompagne mon amie chez elle et la remercie bien de m'avoir fait partager son rêve.
En rentrant chez moi, je passe devant l'église, la lourde porte entrouverte m'invite à franchir le seuil.

  Seul, je suis seul dans cette semi obscurité et je m'assois quelques instant.
Face à moi une tapisserie intemporelle, majestueuse, grandiose, représentant des scènes des
évangiles explose en mille éclats tel un feu d'artifice et illumine tout un pan de l'église. Je me laisse porter par les Toccatas qui résonnent en moi.
C'est sur ces notes de musique que je quitte le Saint lieu et je rentre chez moi exténué après cette belle journée.
  Je m'endors paisiblement sous la voûte étoilée...Il est cinq heures, le réveil sonne et j’émerge
lentement. Rêves ou réalité ? Je ne sais pas, je ne sais plus...
Je descends à la cuisine me préparer un café, j'ai encore de la poussière d'étoiles plein les yeux.
L'aube se lève avec toutes ses promesses, c'est décidé : aujourd’hui je chausse mes souliers de
marche et pars en excursion à la recherche du rêve.

Mis en ligne avec l'aimable autorisation de Jean-François Gauldrée.

mardi 24 mars 2020

Le confinement n'est ni un atelier d'écriture de haikus, ni une retraite spirituelle !

Le confinement n'est ni un atelier d'écriture de haikus, ni une retraite spirituelle
Nadia Daam — 21 mars 2020 à 9h52

Si ce moment agit comme un évident révélateur d'inégalités sociales, il pose aussi des lunettes grossissantes sur ce qui constitue le précipité de l'ensemble des injustices.

Plage de Saint-Lunaire, en Ile-et-Vilaine, le 17 mars 2020. | Damien Meyer / AFP

Quand il s'est agi de dégainer une référence pop pour décrire cet absurde et télégénique confinement, la dystopie Netflix s'est vite imposée. Même si la série est abusivement invoquée à chaque phénomène moderne déconcertant, il y a en effet un peu de ça.

Mais j'ai, pour ma part, davantage l'impression de vivre dans un cross-over inepte qui fait chauffer à gros bouillons une soupe mêlant:


  • le new âge et imbécile documentaire The Good Lab, pour les gentillets mais gonflants tuto «Comment profiter du confinement pour se faire des lavements et des jus»
  • une adaptation ciné du Prophète de Khalil Gibran pour la litanie d'encouragements à sublimer cette expérience en une épiphanie spirituelle visant à faire de chaque confiné un bonze stoïque et habité.
  • un troisième opus toujours aussi iodé et braillard des Petits mouchoirs pour l'infecte transhumance des Parisiens qui n'ont même pas le bon goût de se faire tout petits une fois le cul calé dans un transat et leurs enfants s'ébrouant comme des épagneuls sur la pelouse de la résidence secondaire en bord de mer.

C'est, en tout cas, la sensation que l'on peut avoir (et ça n'est pas le cas de tous) si l'on est suffisamment désœuvré et masochiste pour musarder sur Instagram ou n'importe quel média diffusant «un journal du confinement».

Bien sûr, ces récits, tout personnels qu'il soient, constituent a priori une formidable matière: ils permettent d'abord de documenter cet étrange moment. Il n'est pas inutile de garder la trace de la façon dont les uns et les autres vivent et habitent cette période et l'on peut aisément imaginer que ces journaux, qu'ils soient littéraires ou iconographiques, puissent d'une manière ou une autre nourrir, une fois cet épisode terminé, une réflexion sociologique, anthropologique.

En attendant d'avoir ce recul, raconter et se raconter au jour le jour permet aussi de franchir symboliquement les digues qui entourent désormais chacun des foyers et de créer des passerelles invisibles et safe. Il faut noter aussi que ces journaux de confinement peuvent être rigolos, divertissants et pas forcément dénués d'engagement.

Bref, les récits de soi en période de confinement parviennent dans l'absolu à résoudre l'équation «Comment être ensemble en restant chacun dans son coin».

À LIRE AUSSI Le confinement ne nous soude pas, il nous divise encore plus

Romantisation du confinement
Le hic, et il est de taille, c'est que si ce moment agit comme un évident révélateur d'inégalités sociales, il pose aussi des lunettes grossissantes particulièrement cruelles sur ce qui constitue peut-être le précipité de l'ensemble des injustices: nous ne sommes pas tous égaux face à l'insouciance. Et si, habituellement, la désinvolture des plus privilégié·es agace, elle crève désormais les yeux et nous inflige la brûlure du spectacle dégueu de l'indécence. Elle s'exprime dans des formes, sur des canaux, avec des intentions variables et une intensité différente mais reste profondément insupportable et insensée.


Le point commun, et il est parfaitement résumé sur cette banderole espagnole, c'est la romantisation du confinement.


Soit le fait de raconter son confinement comme un pur moment éthéré ou d'entonner l'épuisant couplet «ce qui ne te tue pas te rend plus fort, faisons de cette galère une formidable occasion pour se recentrer sur soi-même / faire du gainage / apprendre le mandarin, se mettre au Pilates, relire Le Rouge et le Noir, coller des gommettes avec ses enfants…»

Oui, bien sûr, on pourrait rétorquer que chacun fait bien ce qu'il veut et brandir le point aigreur. Nul doute que si tout le monde avait le loisir, le temps, les moyens, l'envie, d'employer cette période de confinement à des activités épanouissantes ou au repos, personne ne dirait «ah ben non, moi je préfère me casser le cul à remplir des rayons chez Super U». Bien sûr aussi, que le fait que certains aient le luxe de transcender cette expérience en stage de méditation ou l'inconscience de se «mettre au vert» pourrait, au fond ne regarder qu'eux, et qu'on peut se réjouir que tout le monde ne soit pas affecté durement par le virus et le confinement. Évidemment enfin que la lecture, le sport, la cuisine peuvent permettent de s'extirper de cette langueur déjà pénible.

Bon.

Le problème, c'est que ça revient demander à ceux qui morflent de faire preuve d'une abnégation bonhomme à l'égard des Marie-Antoinette du confinement sans trop de réciprocité. Et que cette romantisation produit des effets concrets sur le sort de chacun.

Ainsi, quand Leila Slimani, publie pour Le Monde son «Journal de confinement», c'est d'abord l'exubérance qui crispe. Des lignes bavardes et presque enjouées censées décrire pourtant un temps de «sidération» et d'atonie.

On a la très désagréable sensation de lire les épanchements d'une adolescente choyée mais cafardeuse. Pas pour la forme, que je ne me permettrais certainement pas de critiquer ou de commenter, mais pour l'effet produit, comme c'est parfaitement analysé sur le site Diacritik:

«Il est indécent parce que, par les temps qui courent, il dit l'hébétude non des uns et des autres mais d'une bourgeoisie qui se rêve écrivain, écriture en temps de pandémie mais qui n'exhibe que sa folie de classe à l'heure où les gens meurent, les ouvriers partent travailler au péril de leur vie, où tout s'effondre. Le loisir du confinement, l'ennui dans le confinement, le confinement est, hélas, tout aussi terrible qu'il soit, un privilège de classe, un loisir visiblement comme le suggère Leïla Slimani qui, visiblement, ne se rend hélas compte de rien, s'engouffrant dans l'écriture d'un Journal du confinement qui fera d'elle ce dont elle rêve depuis longtemps et dont chacun de ses livres est la promesse déçue: une écrivaine.»

Le texte a été moqué, critiqué, parodié, pour son «indécence» et ses excès de légèreté, d'impudeur et de parallèles hasardeux (contes de fée et films hollywoodiens). C'est qu'elle dit, sans trop de gêne ni culpabilité, s'être réfugiée «à la campagne».

Mais il a le mérite de révéler crûment, comme l'ont fait les images de ces familles entassées sur les escalators gare Montparnasse, le rapport qu'ont parfois les Parisiens au territoire. À ce qui n'est pas la cité, désigné par Leila Slimani et par d'autres, par l'expression «à la campagne» et qui ne sert donc qu'à nommer vaguement un lieu de villégiature, en escamotant donc, le fait que cet endroit qui sert opportunément de terre d'exil est d'abord un lieu d'habitation et qu'il existe, même quand ils n'y sont pas. Un système de pensée habilement décrit par ce message d'Emma, que m'a transmis une amie:

«Mais déjà le concept de “campagne”, en fait, c'est parisien. Quand j'étais petite, cette idée n'existait pas. On allait au ski, faire de la rando ou à la mer. Tout ce qui n'était ni l'un ni l'autre portait un nom: “Je vais dans les Cévennes”, “en Bourgogne”, “dans le Sud-Ouest”. Personne n'allait jamais “à la campagne”. On ne désignait pas le reste du pays comme une vaste étendue d'herbe et de collines uniquement destinée à nous permettre de prendre l'air. On désignait des lieux avec des habitants et des villes et des NOMS. Les lieux ont des noms. La campagne, ça n'existe pas. Quand je suis arrivée au lycée, à Paris, et que les gens ont commencé à nous parler de leurs week-ends “à la campagne”, on se regardait en rigolant avec ma copine qui venait du Vercors, au dessus de chez moi. On se disait mais de quoi ils parlent? C'est quoi la campagne? C'est où?

Plus tard j'ai compris qu'il y avait beaucoup de gens pour qui les autres lieux n'existaient que s'ils constituaient de possibles destinations. Dans cette hiérarchie du pays, il y a un ordre très précis, au premier rang duquel on trouve la Bretagne, en particulier les îles. Une autre école plus bling place Biarritz et le Pays Basque en deuxième position. Les cathos mettront plutôt le Touquet, la Baule, Deauville. Mais pour tous ces gens, Caen, Lille et Strasbourg n'existent pas. Elles n'ont pas de raison d'exister. Et Grenoble non plus. Dans la tête d'un Parisien, je viens d'un endroit qui n'existe pas.»

Tout à l'églogue
Si le journal de bord est un genre littéraire en soi, le tout à l'églogue de l'écrivain avec conjoint-enfants-maison de famille-SUV-poêle à bois est en train de devenir une rubrique, Le Point ayant jugé bon de publier lui aussi le journal d'une confinée: Marie Darrieussecq. Soit le récit d'une «désertion» en famille perturbée par «des ados capricieux et des seniors en danger»: le gosse a oublié son cahier de maths, le wifi rame, la plage est interdite accès. La fuite d'Alep, à côté, c'est une marelle. Mais même otage de ces conditions hostiles (fait pas chaud dans le salon), l'autrice a quelques bouffées compassionnelles:

«Comment font les élèves qui n'ont pas d'ordinateur?»

«Je pense à des copains à six dans un trois-pièces.»

«L'idée qu'Amazon puisse s'engraisser encore de la crise me débecte. Je relis Hervé Guibert.»

Éprouvée par les aléas de ce qui à ce stade, ressemble à long week-end de pont au Pays Basque, Marie Darrieussecq conserve aussi une émouvante capacité à s'émerveiller de menus détails: tiens, des biches qui broutent! Oh un ciel dégagé! Fichtre! le supermarché ne peut pas livrer parce que ce sont des humains qui remplissent des sacs de courses, et non des robots comme elle l'imaginait. C'est fâcheux, cocasse mais réconfortant…

Quant aux gosses, ça file droit: atelier cuisine, chorale sur les Beatles, et trente pages à lire par jour. Non mais ho.

La forme faible de ce surplomb c'est d'ailleurs cette autre petite musique qui fait des livres des objets de première nécessité. Rengaine alimentée d'ailleurs par le gouvernement. Alors certes, pour les fervents lecteurs, les livres sont importants et consolatoires. Mais certainement pas indispensables et encore moins «de première nécessité». À l'inverse de lieux et services bien plus essentiels (bains douches municipaux pour ceux et celles qui ne disposent pas de sanitaires par exemple…) et qui ne font l'objet d'aucune dérogation.

Oui, on peut vouloir faire de son corps un temple pendant ces longues semaines. Oui, les livres peuvent être la nourriture de l'âaaaaame, oui, on peut avoir que ça à foutre de lire Homère avec une fleur derrière l'oreille.

Mais il conviendrait peut-être de prendre le temps (puisqu'ils en sont gavés) d'interroger comment ces symphonies pastorales éclairent la place démesurée laissée à l'autofiction et l'incapacité à raconter autre que soi. De réfléchir avant de décider que cette matière brute et onaniste mérite d'être partagée, quitte à accaparer le peu d'espace laissé aux expériences des livreurs, soignants, caissiers, précaires, malades… pour qui le virus et le confinement ne constituent ni des ateliers d'écriture de haïkus ni des retraites spirituelles. Namasté.

Sources :
http://www.slate.fr/story/188817/confinement-coronavirus-pas-atelier-ecriture-haikus-retraite-spirituelle?fbclid=IwAR3iRI_hE4xB-mj5FVqj__ITDSgj6SNh2sRdOtpBaS1LHrCKyZTwhHcdWF4

mardi 10 mars 2020

Un cancer ? Surtout ne dis rien !

Un cancer ? Surtout ne dis rien !
difficultés des salariés à réintégrer l'entreprise après la maladie.


Par Elvire Daudigny del Fondo
Consultante en recrutement et formation / Métiers du document .

Nombre d’associations et organisations proposent leurs services pour accompagner les demandeurs d’emploi dans leur recherche après une longue maladie.

« Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une personne sur trois perd ou quitte son emploi dans les deux ans après un diagnostic de cancer, 30 % des chômeurs ayant affronté un cancer décrochent un emploi deux ans après, contre 43 % pour les personnes qui n’ont pas connu la maladie » (Source ligue contre le cancer).

Peur de la récidive, de nouvelles absences ? Pas seulement. Je ne parle évidement pas de l’incapacité suite à une intervention; port de charges lourdes, station debout prolongées pénible… non, je parle du regard de l’autre, de son appréhension née de la méconnaissance.

Le salarié réintégrant son service après quelques semaines d’absence doit affronter le regard des collègues, des clients, il se dévalorise, perd confiance. Il doute de retrouver ses réflexes professionnels. Pourtant, dans son esprit cohabitent deux sentiments antagonistes ; il se sent plus forts, il a vaincu, a pris la revanche sur la vie, et parallèlement il se laisse envahir par un profond doute ; ai-je encore ma place ?

Je tenais à témoigner ce soir en période pré-estivale, chaude et légère. Car je sors de cette épreuve. Je souhaite à tous ceux qui le vivent d’avoir une équipe aussi exceptionnelle que la mienne pour soutien.

Quand la nouvelle est tombée, on m’a dit « Surtout Elvire ne dit rien ! » Les clients, les candidats… que penseraient-ils ? Alors je n’ai rien dit.

Et puis je me suis reprise… si moi, indépendante, femme libre, ayant des convictions que l'humanisme doit retrouver sa place dans nos entreprises, qui a bénéficié de tant d’appuis, je me tais… mais qui va parler ?

Le cancer n’est pas contagieux, il croise de plus en plus notre chemin. Nous devons tout mettre en œuvre pour accueillir celui ou celle qui revient de ce désert si aride pour lui donner à nouveau l’envie de retrouver sa place. La réintégration s’organise, les équipes doivent être sensibilisées. Le dialogue doit donc s’instaurer.

Évitons l'effet double peine ! Il ne s’agit que d’une parenthèse.

Sources :
https://www.linkedin.com/pulse/un-cancer-surtout-ne-dis-rien-elvire-daudigny-del-fondo/

jeudi 5 mars 2020

Mais tu tricotes Jean-Louis ? par Chantal RAJIC



Mais tu tricotes Jean-Louis ?
Je le savais, quelque chose me le disait...
Tu tricotes des liens de médiations plurielles car tu as plusieurs cordes à ton arc-en-ciel !

Après son passage à la maison de retraite de Béziers,
Pépé s'était échappé vous vous en souvenez ?
pour échapper aux mémés collées à ses basques.
Mais il avait appris à tricoter, en réalité pour s'évader.
On ne va pas en faire une pelote,
même si dans sa tête ça mijote.
De fil en aiguille, il s'est mis à cuisiner le poulet basquaise.
C'est une anecdote comme un antidote.
Progressivement, il s'est senti plus à l'aise,
une maille à l'endroit, je suis plus adroit,
une maille à l'envers, je mange un dessert.
Mais c'est bien-sûr, il n'y a que maille qui m'aille !
J'émaille, je maille,
 j'entrelace, je délace et me délasse.
Je tricote pour vous avec cœur
ces moments de bonheur :

De maille en maille, j'émaille
j'enrichis les thérapies
sur la toile des envies
qu'embrasse la vie.
Je renforce les liens
qui rapprochent les humains
et par tous ces réseaux
où le monde est plus beau
la souffrance n'a plus consistance.
Elle est dans la nuance
de bienveillance et de confiance.
Elle est dans la rencontre
et nous le démontre.
Sur les chemins de la souffrance
il y a une âme qui danse
et qui un jour rencontre l'étincelle de vie
en une belle alchimie.

Belle journée à toi Jean-Louis,
Penser autrement c'est choisir son changement.
Chantal Rajic

dimanche 26 janvier 2020

Playing For Change

Playing For Change est un mouvement créé pour inspirer et connecter le monde au travers de la musique. Le projet est né avec la conviction que la musique a le pouvoir de défaire les frontières et de transcender la distance entre les gens.

Playing For Change commence en 2002, grâce à  une vision partage par ses fondateurs, Mark Johnson et Whitney Kroenke qui décident de sillonner les rues des Etats-Unis avec un studio mobile et des caméras, en quête d’inspiration et de rencontres musicales. De premier voyage découle le film documentaire ‘A Cinematic Discovery of Street Musicians‘, récompensé dans plusieurs festivals.
En 2005, Mark Johnson, alors qu’il marche dans les rues de Santa Monica, en Californie, entend la voix de Roger Ridley chanter Stand By Me et décide, touché par cette voix unique, de lui proposer d’être le premier à  enregistrer sur une version “Autour du Monde” de cette chanson. Alors que Roger acceptait la proposition et que Mark revenait avec son studio et ses caméras, il lui demanda: “Pourquoi, avec une voix comme la tienne, chantes-tu dans les rues ?” Roger répondit: “Man I’m in the Joy business” (je suis dans le business de la joie), “et je joue dans les rues pour être avec le peuple”. Depuis ce jour, l’équipe de Playing For Change n’a cessé de parcourir le monde pour enregistrer et filmer des musiciens, créant des Chansons Autours du Monde (Songs Around The World) ainsi qu’une famille globale.

La création des Songs Around The World nous a amené a réunir sur scène certains des musiciens rencontrés au cours de nos voyages en créant Playing For Change Band. Provenant de différents pays et cultures la musique leur permet de parler le même langage. PFC Band tourne désormais à  travers le monde entier, partageant un message d’espoir et d’amour tout en proposant une fusion musicale unique.

La portée d’un véritable mouvement se mesure à  l’aune de ce qu’il apporte réellement aux gens. Nous avons ainsi créé la Fondation Playing For Change, organisation à  but non-lucratif, qui se consacre à  la création d’écoles de musique et de programmes éducatifs à  travers le monde. Qui que l’on soit et d’où que l’on soit, nous sommes tous unis à  travers la musique.

Sources :
https://playingforchange.com/about/a-propos-francais/?fbclid=IwAR2tn_NlBjfIwC1cq-BiQsrSjUMLB40q9XdU6FS3FbWDNik8X76UtAtHb5c