articles et interviews d'artistes, de directeurs de galeries, conservateurs de musées...
dimanche 22 novembre 2020
Un HOLD-UP de la pensée !
jeudi 20 août 2020
Le temps d'un souffle par Chantal Rajic
Le temps d'un souffle
Le temps s'est arrêté
comme une montre délaissée
sur une étagère encombrée.
Ce petit instrument
qui dicte nos instants
d'un geste mécanique
a suspendu le temps
comme une relique.
C'est le temps de l'espace
et de la parenthèse
qui s'invite à son aise.
C'est le temps encerclé
par une prothèse
coulée dans la glaise.
C'est le temps envolé
des jours évaporés.
C'est le temps disparu
chassé dans les rues
d'une rafale de vent
au souffle anesthésiant.
C'est le temps qui invente
et vante les heures perdues
aux mondes inconnus.
Chantal RAJIC
A la lumière du vide par Chantal RAJIC
A la lumière du vide...
Quand ils retirèrent leurs masques,
il n'y avait plus rien.
Le bas de leur visage avait disparu.
Ils ne pouvaient plus parler,
ils ne pouvaient plus crier,
ils ne pouvaient plus créer.
Leurs yeux regardaient le vide,
le masque avait tout emporté.
La vie rusée, derrière un virus
s'était métamorphosée.
leurs mots muets absorbés
étaient restés prisonniers.
Ils pouvaient toujours penser
et mieux contempler
le vide de leur destinée.
Dans la nuit des yeux silencieux,
s'ouvre et se ferme comme des coquilles
le regard des jours heureux.
A la lumière du vide
le vie semble plus limpide.
le vide c'est un pont,
le pont de l'imagination.
Chantal RAJIC
vendredi 10 juillet 2020
J'irai vous rencontrez et dormir chez vous !
Les réseaux sociaux et internet proposent-ils une véritable rencontre ?
Est-ce que la communication se réduit à une prolifération de moyens techniques et technologiques de communication ?
La convivialité, n'est-ce pas "le vivre ensemble", puisqu'il s'agit de s’asseoir autour d'une table pour partager des mets dans la plus grande tolérance des idées.
La règle du jeu : accueillir un étranger (moi) chez vous pendant un jour et une nuit !
De prime abord, ça a l'air d'une galéjade mais c'est beaucoup plus profond.
A la rencontre de l'autre et à la rencontre de soi, sans exclusions et sans peur de l'étrangeté de l'étranger. Une manière de partager l'amitié, l'hospitalité, la convivialité d'un repas loin de la virtualité du web.
Au risque de la rencontre ...vivre ensemble !
Loin des réseaux virtuels, que l'on nomme "sociaux", mais qui sont plus (pour moi) sur le versant de la sociopathie que de la sociabilité, j'essaye d'atteindre votre part d'humanité !
HUMAN ROAD KANGOO TOUR, c'est ma façon de lutter contre la peur de l'Autre, de l'étranger, du migrant.
De dire non au racisme, à la xénophobie, à la censure , à l'exclusion...
samedi 30 mai 2020
STAFFME : Quand le "progrès" réduit les plus faibles à une forme d'esclavage moderne!
Par Elvire Daudigny del Fondo
Dirigeante d'un cabinet de recrutement et d'un organisme formation / Métiers du document et des RH.
Mon fils me contacte hier, il vient de s'inscrire sur une plateforme collaborative "Staffme". Il s'agit d'un site mettant en relation des entreprises avec des jeunes "qualifiés et compétents" à la recherche d'un "job".
Si l'idée est intéressante, je suis étonnée d'en comprendre la forme. En creusant.... je découvre qu'il s'agit encore une offre d'uberisation du marché du travail : les jeunes sont auto-entrepreneurs, les entreprise paient une facture!
A quel prix? 16,5€/heure pour l'entreprise à qui on promet la mise en relation avec des jeunes "qualifiés". En margeant de 20%... il reste 13,2€/heure brut!! soit 10,29€ net. Transport, panier aux frais du "Staffé". Pas de chômage, pas de mutuelle, de prévoyance... Aucune protection en cas d'accident de travail...
Sachant que le Smic coûte 10,15€/heure + 13% de charges. (Si la convention de l'employeur impose un 13ème mois... c est plus cher..)!
L'entreprise fait le choix du prix et se dégage de ses responsabilités d'employeur. Il devient "client", consommateur d'une ressource humaine.
Il a été proposé à mon fils une mission à 1 heure de la maison Pour 13,2€/heure soit 10,29€ net ... pour vendre des masques et des visières. N'est-ce pas cynique? Vendre des protections sans être protégé. Ni indemnité transport, ni couverture sociale!
Nombre de témoignages rapportent des délais de paiement très longs pour les jeunes, le pompon!
Cette crise sanitaire met en lumière les aberrations d'un monde que nous avons construit qui facture notre société. Le site promet à ces jeunes l'eldorado de la liberté. Il vante un statut qui leur permet... (source du site):
- D’être flexible (tu es ton/ta propre patron/ne), 😎
- D’être libre (tu peux travailler dans n’importe quel domaine) 🌠
- De recevoir toujours tes aides à côté (bourse, allocations chômage…) 💸
- De le cumuler avec un contrat en CDI, CDD, apprentissage, stage…. 🚀
En plus, il est gratuit, rapide et simple à créer (15 à 20 minutes) 😃
Travailler plus pour gagner moins sans filets!
Je suis sidérée que voir que cette structure existe depuis 2016, ils ont lévé 3M d'euros et osent annoncer qu'ils proposent du "travail temporaire". Pour avoir travaillé dans l’intérim, je m'inscris en faux devant cette revendication. Le Travail Temporaire couvre les salariés; il n'existe pas de différence de régime entre le collaborateur de l'entreprise et l'intérimaire . Le cadre est précis, protecteur.
Cette forme d'emploi ne porte pas son nom; il s'agit juste d'une forme moderne d'esclavage.
Je tremble à l'idée que ce "post covid" ne plonge les employeurs dans un réflexe de recours à ce type d'organisme au nom de la crise. Si je suis la première à revendiquer la nécessaire évolution du cadre du travail, à regretter le manque de flexibilité que le législateur propose aujourd'hui, je refuse en bloc un modèle d'économie sociale qui ferait de nous les architectes d'un bond en arrière où les plus faibles grossiront les rangs des soupes populaires.
Sources :
https://www.linkedin.com/pulse/staffme-quand-le-progr%25C3%25A8s-r%25C3%25A9duit-les-plus-faibles-%25C3%25A0-elvire/?trackingId=vDnzMJnLIf9am6Bp%2FMx18g%3D
mercredi 20 mai 2020
Princesita de Kaulille
lundi 18 mai 2020
VERS LA MAISON JAUNE par Christian Alle
Fin de matinée du 20 février 1888, Vincent glisse sous la faible clarté de cette froide journée. Sur la plaine, au loin, au-dessous des nuages, des corbeaux égarés errent, affamés de lumière et de charognes. L’homme avance d’un pas chaloupé de marin qu’il n’est pas. Ses godillots mal ferrés, humides et souillés de peinture claquent sur le chemin désert et silencieux. Il avance rapidement et sa silhouette légèrement voûtée se profile devant un chiche décor d’arbres dénudés. Il est modestement vêtu d’une veste de velours noir et d’un pantalon de drap déchiré au genou. Son visage est caché par un curieux chapeau de paille hors saison. Il fume une vieille pipe en bruyère au tuyau faiblement recourbé.
Petit à petit les ruelles apparaissent, bordées de discrètes chaumières. Vincent est inquiet : Ce nouveau lieu va t-il l’inspirer ? Ses paysages seront-ils propices à la création ? « -Ah ! Vanité des vanités ! » Crache l’homme en hollandais… Surgissant de nulle part, un chien jaillit, roux, hirsute, méchant, Vincent agite son chapeau, brandit sa canne. Le roquet s’enfuit en aboyant. La vie est absurde et désobligeante observe le chemineau, les rues sont si belles pourtant et les paysages entrevus au-delà des ruelles, bien qu’enneigés aujourd’hui, promettent tant de beautés à peindre. « Pays dont j’ai tant rêvé au temps des mangeurs de pomme de terre », se dit l’artiste qui continue d’avancer.
Tandis que le soleil insiste à bouder, la rue de la Cavalerie se révèle enfin. C’est au 30, se rappelle Vincent, un hôtel-restaurant, chez Carrel. Le quartier des maisons closes d’Arles est bien triste et sur le pavé peint de neige sale personne n’attend le client. « Trop tôt ! » raisonne le peintre en actionnant le heurtoir d’une porte qui fût neuve au temps jadis. Bien vite un homme se montre, souriant. Vincent le reconnais, c’est bien son ami Christian Vilhelm Mourier-Petersen, l’artiste peintre Danois. Il est vêtu d’une blouse de bouvier bleue et d’un pantalon de velours marron, il a un mouchoir rouge noué autour de son cou et des bottines en cuir aux pieds. Il tend à Vincent une main maculée de tâches de peinture où le rouge et le jaune dominent.
« Salut Van Gogh, dit l’homme, je t’attendais. »
Oeuvre et narration : Christian Alle






